Le projet en 5 questions

Il est généralement constaté que les performances réelles des bâtiments ne correspondent pas à celles du calcul réglementaire dit conventionnel. Ceci est aisément explicable car :

  • Le calcul conventionnel n’a pas pour ambition de prévoir les consommations réelles, mais de fixer certaines règles de conception et de construction / réhabilitation en privilégiant l’isolation thermique et les systèmes de production à haut rendement ;
  • Les pratiques actuelles du secteur du bâtiment ne sont pas guidées par le retour d’expérience de bâtiments instrumentés, dont la disponibilité est récente, mais plutôt par le respect de normes et la conformité à des contraintes réglementaires dont le calcul conventionnel ;
  • À ce jour, vu l’ambition élevée avec des bâtiments très performants, les habitudes de conception, réalisation et exploitation / usage ont un impact important sur la consommation que la contrainte calculatoire des réglementations thermiques ne peut influencer.
Un bâtiment est en premier lieu destiné à être un occupé par des usagers pour y vivre, y travailler etc… et, ne doit pas rester un objet voué à satisfaire l’ambition de concepteurs en quête de perfection technologique. Pour cela, les constructions doivent rester des lieux de vie devant assurer les conditions de confort et de qualité d’usage. Trop souvent, les concepteurs se désolent du comportement déviant d’usagers qui en fait recherchent l’amélioration de leurs conditions de confort, en réaction à un dysfonctionnement des équipements ou une évolution de la vocation et des usages du bâtiment depuis la conception initiale ; ce dernier cas est généralement plus impactant pour le confort des usagers dans un bâtiment dit performant que pour un bâtiment usuel : les équilibres thermiques étant plus fragiles dans le premier cas de figure.
Le déficit d’accès aux retours d’expérience pour les acteurs du secteur du bâtiment est indéniable et crucial, les empêchant ainsi de partager les données de performance en exploitation pour progresser dans leurs pratiques. Les partenaires français disposent déjà de données sur des bâtiments en exploitation et se proposent de guider les partenaires italiens pour développer un outil similaire.
Le programme ALCOTRA A2E propose de réaliser une base de données spécifique sur les bâtiments régionaux qui sera ensuite partagée et analysée.
Les analyses croisées des retours d’expérience de la base de données devront servir à dégager des axes forts de progrès pour les acteurs du secteur du bâtiment. Ces axes seront étudiés en détail en vue de proposer des solutions techniques, mais aussi organisationnelles en vue de permettre à tous les acteurs de progresser ensemble. Ces solutions devront bien entendu être acceptées par la profession, et non pas imposées ou enseignées de manière doctorale. Pour cela, des modules de formation pro actifs seront développés avec des outils innovants rendant le participant acteur de l’acquisition des connaissances.
Le processus imaginé est d’étudier les sinistres non seulement sur le plan technique et réglementaire, mais aussi avec une analyse du processus ayant mené au mauvais choix engendrant le sinistre. Par conséquent, comme cela est opéré dans l’industrie depuis des décennies, les études d’analyses de mode de défaillance permettront d’imaginer des recommandations sur la gestion des projets bâtiment, mais aussi d’expérimenter des outils de gestion de processus adapté au secteur concerné, en prévision d’une généralisation du BIM (1).
©2017 CAUE 74